Douleurs cervicales devant les écrans : posture, mouvements et signes d’alerte
- Lucie Didriche

- 14 déc. 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 août

Une douleur cervicale après plusieurs heures devant un ordinateur ne signifie pas forcément que vous avez adopté une « mauvaise posture ». Le plus souvent, plusieurs facteurs se combinent : durée d’exposition, manque de variation, tension musculaire, charge de travail, fatigue, stress, sommeil ou activité physique insuffisante.
L’objectif n’est donc pas de rester parfaitement droit toute la journée. Il est surtout de trouver une installation confortable, de varier régulièrement les positions et de remettre du mouvement dans la journée.
Pourquoi les écrans peuvent-ils favoriser les douleurs cervicales ?
Le travail sur écran maintient souvent le regard, la tête et les bras dans une position relativement stable. Lorsque cette situation se prolonge, les muscles du cou et des épaules peuvent devenir sensibles ou fatigués. Le problème vient moins d’une posture isolée que du temps passé sans changement et de l’accumulation des contraintes.
Une douleur peut également être influencée par la hauteur de l’écran, l’éloignement du clavier ou de la souris, l’utilisation prolongée d’un ordinateur portable, une correction visuelle inadaptée ou une période de stress. Chez certaines personnes, des maux de tête, une gêne entre les omoplates ou une fatigue visuelle peuvent s’y associer.
Comment installer son poste de travail ?
Il n’existe pas une position parfaite convenant à tout le monde. Ces repères servent à construire une installation confortable que vous pourrez ensuite ajuster :
Placez l’écran face à vous pour éviter de garder la tête tournée.
Réglez sa hauteur afin de regarder naturellement la partie supérieure ou centrale de l’écran, sans relever constamment le menton.
Gardez le clavier et la souris suffisamment proches pour que les épaules restent relâchées.
Soutenez les avant-bras lorsque cela améliore votre confort.
Posez les pieds au sol ou sur un repose-pieds et choisissez une assise qui permet de changer facilement de position.
Avec un ordinateur portable utilisé longtemps, ajoutez si possible un clavier et une souris externes afin de pouvoir surélever l’écran.
Ces réglages doivent rester souples. Une installation bien adaptée n’a pas vocation à vous immobiliser : elle doit au contraire faciliter les changements de position.
Le meilleur conseil : varier plutôt que se figer
Même une position considérée comme correcte peut devenir inconfortable lorsqu’elle est maintenue trop longtemps. Alternez les tâches, levez-vous régulièrement et profitez des appels ou des temps de réflexion pour marcher quelques instants.
De courtes pauses actives peuvent suffire : relâcher les épaules, bouger doucement la tête dans les directions confortables, ouvrir la cage thoracique, regarder au loin ou effectuer quelques pas. Les exercices doivent rester progressifs et ne pas provoquer de douleur vive, de vertige ou de symptôme dans le bras.
Quels mouvements peuvent aider ?
L’activité physique générale et certains exercices de renforcement du cou, des épaules et des omoplates peuvent contribuer à réduire la douleur et la gêne fonctionnelle chez les personnes travaillant au bureau. Les données scientifiques restent cependant variables : aucun exercice unique ne convient à tout le monde.
Commencez par des mouvements simples et confortables. Si la douleur persiste, un professionnel de santé pourra déterminer si vous avez surtout besoin de mobilité, de renforcement, d’un ajustement du poste ou d’une prise en charge différente.
Quand faut-il demander un avis médical ?
La plupart des cervicalgies liées au travail sur écran évoluent favorablement. Un avis médical est toutefois recommandé lorsque la douleur devient importante, persiste malgré les adaptations ou s’accompagne de signes inhabituels.
douleur apparue après un traumatisme important ;
faiblesse, perte de sensibilité ou maladresse d’un bras ou d’une main ;
troubles de l’équilibre, de la marche, de la parole ou de la vision ;
fièvre, altération de l’état général ou perte de poids inexpliquée ;
mal de tête brutal ou inhabituel ;
douleur nocturne croissante ou douleur qui s’aggrave rapidement.
En présence d’un symptôme neurologique soudain ou important, demandez rapidement un avis médical.
Quelle place pour l’ostéopathie ?
L’ostéopathe peut examiner la mobilité cervicale et thoracique, les épaules et les contraintes associées au poste de travail. Il peut proposer un accompagnement adapté, des conseils de mouvement et, lorsque la situation le nécessite, orienter vers un médecin, un kinésithérapeute, un ophtalmologue ou un autre professionnel.
Dans la pratique, lorsque les symptômes s’accompagnent de tensions musculaires du cou, des épaules ou de la mâchoire, un travail manuel doux visant à diminuer ces tensions peut être associé à une sensation de relâchement et à une réduction des douleurs cervicales ou de certains maux de tête chez certains patients. Cette amélioration n’est ni automatique ni suffisante pour expliquer toutes les céphalées : le bilan sert aussi à rechercher les situations qui nécessitent un avis médical ou une prise en charge complémentaire.
L’ostéopathie ne remplace pas une évaluation médicale lorsqu’un signe d’alerte est présent. Elle s’intègre dans une démarche globale associant mouvement, activité physique, adaptation du poste et prise en compte du contexte professionnel.
À Meximieux et dans la Plaine de l’Ain
Télétravail, conduite, smartphone et travail administratif peuvent se cumuler au cours d’une même journée. À La Maison de l’Ostéopathie à Meximieux, l’objectif est de comprendre ce qui entretient vos symptômes et de vous aider à retrouver progressivement du confort, sans imposer une posture rigide ni promettre une solution universelle.
À retenir
Il n’existe pas une posture parfaite à maintenir toute la journée.
La variation des positions et les pauses actives sont essentielles.
Un poste bien réglé doit être confortable et permettre de bouger.
L’activité physique et un renforcement adapté peuvent être utiles.
Une douleur persistante ou accompagnée de signes inhabituels mérite un avis professionnel.
Sources
INRS. Le travail sur écran : recommandations pratiques pour l’aménagement du poste, l’alternance des tâches et les pauses actives.
Jones LB, Jadhakhan F, Falla D. The influence of exercise on pain, disability and quality of life in office workers with chronic neck pain. Applied Ergonomics, 2024.
Haute Autorité de santé. Pertinence de l’imagerie cervicale en cas de cervicalgie non traumatique.
Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas une consultation individuelle.




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