Entorse de cheville : pourquoi votre cheville reste instable plusieurs semaines après ?
- elodiebourosteo
- 15 juin
- 4 min de lecture

🏃♂️ Vous avez subi une entorse de cheville il y a plusieurs semaines et pourtant votre cheville vous semble encore fragile ?
Vous avez repris le sport, la marche est redevenue normale, la douleur a fortement diminué… mais dès qu'il faut sauter, pivoter ou changer brusquement de direction, une sensation d'insécurité réapparaît.
Cette situation est extrêmement fréquente après une entorse latérale de cheville et ne signifie pas forcément que votre ligament est encore déchiré.
Dans de nombreux cas, le véritable problème se situe ailleurs : dans la récupération du contrôle neuromusculaire et de la proprioception.
Pourquoi une entorse peut-elle laisser une sensation d'instabilité ?
Lors d'une entorse latérale, les ligaments situés sur la face externe de la cheville sont étirés ou lésés.
Cependant, ces ligaments ne servent pas uniquement à maintenir l'articulation. Ils contiennent également des capteurs sensoriels qui informent en permanence le cerveau sur la position de la cheville dans l'espace.
Lorsque ces informations deviennent moins précises après un traumatisme, plusieurs phénomènes peuvent apparaître :
✅ diminution de la perception de la position du pied
✅ retard d'activation des muscles stabilisateurs de la cheville
✅ perte de confiance lors des mouvements rapides
✅ difficultés lors des changements de direction
✅ sensation que la cheville pourrait « lâcher »
C'est ce que l'on appelle une instabilité fonctionnelle de cheville.
Le cas typique du sportif qui reprend trop vite
Cette situation est particulièrement fréquente chez les pratiquants de :
🎾 Padel
🎾 Tennis
🏀 Basket-ball
⚽ Football
🏐 Volley-ball
Après quelques semaines de repos, la douleur a pratiquement disparu.
Le sportif reprend alors ses activités et constate :
une gêne lors des pivots
une appréhension lors des sauts
une fatigue rapide de la cheville
parfois un léger gonflement autour de la malléole externe
La cheville semble stable au repos mais perd en efficacité dès que la vitesse augmente.
La différence entre une cheville instable et une cheville réellement lâche
Il est important de distinguer deux situations.
L'instabilité fonctionnelle
Dans ce cas :
les tests ligamentaires sont souvent peu perturbés
la cheville tient globalement bien
le principal problème est la qualité du contrôle moteur
Le patient décrit surtout :
👉 une appréhension
👉 un manque de confiance
👉 une gêne lors des mouvements sportifs
L'instabilité mécanique
Ici, les ligaments ont perdu une partie importante de leur capacité à stabiliser l'articulation.
On observe plus volontiers :
des entorses à répétition
des épisodes de dérobement
une laxité ligamentaire nette à l'examen
Dans la réalité, les deux mécanismes peuvent coexister.
Les complications à ne pas manquer
Certaines douleurs persistantes après une entorse ne doivent pas être attribuées trop rapidement à une simple récupération lente.
1. L'entorse haute de cheville (syndesmose)
Souvent plus longue à récupérer qu'une entorse classique.
Elle provoque fréquemment :
une douleur à l'avant de la cheville
une gêne à la marche rapide
des douleurs lors des rotations du pied
2. La lésion ostéochondrale du talus
Il s'agit d'une atteinte du cartilage ou de l'os situé dans l'articulation.
Les signes évocateurs sont :
des douleurs profondes
des blocages articulaires
des claquements
des épisodes de gonflement persistants
3. Les tendons fibulaires
Situés derrière la malléole externe, ils participent fortement à la stabilisation de la cheville.
Une atteinte de ces tendons peut provoquer :
des douleurs derrière la malléole
une sensation de ressaut
des craquements
une douleur lors des mouvements contre résistance
Le rôle essentiel de la dorsiflexion
C'est l'un des éléments les plus souvent négligés.
La dorsiflexion correspond à la capacité d'avancer le genou au-dessus du pied tout en gardant le talon au sol.
Après une entorse, cette mobilité est souvent réduite.
Conséquences possibles :
⚠️ augmentation du risque de récidive
⚠️ compensations au niveau du genou
⚠️ surcharge de la hanche
⚠️ mauvaise qualité des atterrissages
La récupération de cette mobilité constitue souvent une étape essentielle du retour au sport.
Que peut apporter l'ostéopathie ?
L'ostéopathie peut intervenir dans plusieurs domaines.
Identifier les situations nécessitant une orientation médicale
L'objectif premier est toujours de s'assurer qu'aucune lésion plus sérieuse n'est passée inaperçue.
Améliorer certaines limitations de mobilité
Lorsque cela est pertinent, un travail ciblé peut être réalisé sur :
l'articulation talo-crurale
l'arrière-pied
la chaîne musculaire postérieure
afin de restaurer une dorsiflexion satisfaisante.
Diminuer les douleurs résiduelles
L'accompagnement peut également aider à retrouver une meilleure confiance dans le mouvement.
Participer à la rééducation fonctionnelle
La récupération complète repose généralement sur une progression incluant :
1️⃣ équilibre sur un pied
2️⃣ exercices proprioceptifs
3️⃣ renforcement des muscles fibulaires et du mollet
4️⃣ sauts et réceptions contrôlées
5️⃣ changements de direction progressifs
6️⃣ retour aux gestes spécifiques du sport pratiqué
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une évaluation médicale est recommandée en présence de :
🚩 impossibilité de prendre appui
🚩 douleur osseuse importante
🚩 gonflement majeur
🚩 blocage articulaire
🚩 aggravation progressive des symptômes
🚩 instabilité importante avec nouvelles chutes
🚩 suspicion d'entorse haute ou de lésion cartilagineuse
Comment savoir si l'on est prêt à reprendre le sport ?
Quelques critères simples peuvent aider :
✅ douleur faible ou absente pendant l'effort
✅ absence de gonflement le lendemain
✅ équilibre stable sur un pied pendant 30 à 45 secondes
✅ sauts unipodaux réalisés sans appréhension
✅ changements de direction maîtrisés
Le retour au sport doit être progressif.
Le port d'une chevillère ou d'un strapping peut être utile temporairement mais ne remplace jamais le travail de rééducation sensorimotrice.
Ce qu'il faut retenir
📌 Après une entorse de cheville, la guérison du ligament n'est qu'une partie du problème.
📌 La récupération de la proprioception, du contrôle neuromusculaire et de la mobilité de la cheville joue un rôle majeur dans la prévention des récidives.
📌 Une cheville qui paraît guérie dans la vie quotidienne peut rester insuffisamment préparée aux contraintes du sport.
📌 Un accompagnement adapté permet souvent de retrouver confiance, stabilité et performance tout en diminuant le risque de nouvelle entorse.
Références scientifiques
Gribble PA et al. Clinical Practice Guideline for Lateral Ankle Sprain. Journal of Athletic Training, 2021.
British Journal of Sports Medicine (BJSM) – Consensus statements on ankle sprain rehabilitation and return to sport.
International Ankle Consortium – Research on chronic ankle instability and sensorimotor rehabilitation.




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